A consulter gratuitement - paru en janvier 2009
« Tokyo est un laboratoire de bonnes pratiques dont beaucoup de villes dans le monde pourraient s’inspirer. En 2030, notre planète comptera 7 milliards d’habitants, dont 5 milliards vivront en ville. Trouver les conditions d’un développement qui soit durable est donc le défi le plus important que notre monde doive relever aujourd’hui. Nous devons garantir les droits des générations futures qui sont menacés »
« La France, 6e puissance économique mondiale ne peut ignorer le Japon. De même, le Japon ne peut ignorer le fait que la France représente un tremplin pour le marché européen. Il y a de fortes différences entre nos deux pays mais elles sont connues, sur la table, et chacun est prêt à faire les efforts nécessaires. Nos entreprises savent passer outre et se servir de leurs complémentarités, notamment sur les marchés tiers. Ces partenariats sont souvent facilités par le fait que les sociétés françaises et japonaises ne sont pas systématiquement en concurrence directe (...). Plus qu'ailleurs, la loyauté des dirigeants des entreprises japonaises que nous avons acquises est exemplaire. Dès le premier jour, ils sont devenus des soutiens indéfectibles de l'entreprise dont ils avaient été dessaisis, et le succès de ces opérations leur revient. »
« Les petites et moyennes entreprises japonaises souffrent déjà depuis plusieurs années. Elles ont été poussées à réduire leurs marges pour éviter toute hausse de prix et soutenir la consommation des ménages. Peu internationalisées, elles sont dépendantes de leurs commanditaires japonais et ne peuvent donc pas peser dans les négociations. Ces sacrifices ont laissé des traces et beaucoup ne sont pas aujourd’hui armées pour affronter la crise. Nous assistons donc à une augmentation du nombre de faillites. Cette tendance est révélatrice de la montée en puissance de la crise puisque les entreprises japonaises n’ont recours à la faillite qu’en dernier recours ».
« Lors du dernier forum de Davos en mars, quand le ministre des services financiers japonais Hiroshi Watanabe a mis en garde ses homologues américains de ne pas commettre les mêmes erreurs que les Japonais, tout le monde s’est moqué de lui : “ Comment ! Nous, commettre les mêmes erreurs que les Japonais ? ”, se demandaient ces purs esprits... »
« La crise américaine actuelle ne ressemble pas à la crise japonaise des années 90 mais à la crise asiatique de 1997. Dans les 2 cas il ne s’agit pas de problèmes structurels mais d’erreurs de politique économique. Dans les 2 cas les fondamentaux sont bons – même aux États-Unis »
« J’ai commencé ma carrière en 1987 avec un krach. Après il y a eu le krach au moment de l’invasion du Koweit, celui de la crise asiatique en 1997, celui de la bulle nouvelles technologies en 2000... Mais ce krach est le pire ».
« Baisser de 20 points de base les taux d’intérêt directeurs n’est pas en soi un remède-miracle, mais cela peut avoir un impact fort sur les mini-sociétés (sociétés au capital inférieur à 10 millions de yens). Celles-ci emploient 17% de la main-d’œuvre et représentent 10% du total des ventes au Japon. Pour ces sociétés, le paiement des intérêts est presque aussi élevé que leurs bénéfices. Baisser de 20 points de base les taux directeurs, c’est augmenter leur bénéfice de 6%. Pour beaucoup d’entre elles, cela signifie passer de la faillite à la survie ».
« Le Japon est en mesure de transformer Tokyo, Osaka et Nagoya en zones réservées aux voitures électriques. Ils pourraient faire ça en quelques années avec l’aide de l’opérateur Tokyo Electric et d’autres acteurs privés, et établir les nouvelles normes relatives aux émissions de CO2 dans l’atmosphère, et définir un nouvel urbanisme pour le reste du monde. Si Tokyo s’associait à Shanghai pour établir de nouvelles normes pour les voitures électriques, ces normes s’imposeraient au niveau mondial ».
« Les jeunes japonais de 20 à 35 ans voyagent de moins en moins, surtout sur les longues distances. La hausse de l’euro, la conjoncture défavorable, la détérioration chronique du pouvoir d’achat et l’escalade des prix pratiqués par les compagnies aériennes sont des facteurs explicatifs indéniables de la baisse des départs vers l’Europe. Pour ce qui est du cas France, le pays a perdu de son caractère exotique. Les restaurants français au Japon se multiplient, les professeurs de français sont Français, de nombreuses entreprises françaises du luxe notamment ont pignon sur rue… Il faut donc que les voyagistes déclinent les thèmes comme le luxe ou l’art de vivre et en développent d’autres pour rendre la France plus attractive, unique »
« Le marché immobilier japonais est relativement stable par rapport au reste du monde. Les immeubles de grand standing sont possédés par les grands promoteurs japonais. Le financement vient des mégabanques japonaises, qui elles mêmes sont plutôt stables, par conséquent ce secteur du marché est relativement épargné. Le problème vient des immeubles de standing moyen, de classe B (d’une valeur entre 5 et 30 milliards de yens, NDLR). Ces immeubles sont détenus par des fonds immobiliers, des banques d’investissement américaines, des fonds privés japonais... Le financement vient souvent de banques étrangères, parfois des banques régionales. Leur situation financière est très mauvaise. Cela produit une polarisation du marché immobilier entre les immeubles de grand standing et les immeubles de bas standing ».
« La première fois que je suis venu en France il m’a fallu 62 jours en bateau. J’avais amené un scooter de marque japonaise Rabbit. Sur la route de Lyon à Paris j’étais dépassé par les Vespa et les Lambretta italiens : je roulais à 50 et elles roulaient à 100 ! (...) Je veux remercier la France. La France accueille toujours chaleureusement les artistes et les musiciens. Ici, je me sens chez moi. Merci. »