Au Japon, la revanche de l’électronique française

De petits acteurs français séduisent les « ancêtres » du hardware japonais


D-shirt

Lorsque l’équipementier japonais Asics (photo) s’est mis en quête d’un partenaire pour développer son tout premier T-shirt « intelligent » pour les amateurs de course à pied, il s’est naturellement tourné vers les géants nippons de l’électronique. Il a finalement décidé de confier la réalisation de ce produit révolutionnaire à un groupe de PME françaises produisant dans une usine en Ardèche.

Ce consortium, mené par Cityzen Sciences, a ainsi annoncé, en novembre, qu’il allait développer en exclusivité pour Asics un D-shirt (pour digital) - qui suit et transmet en direct, grâce à de minuscules capteurs intégrés à son tissu, la fréquence cardiaque, la température, la vitesse, la localisation ou encore l’altitude du coureur au fil de son effort. Les premiers exemplaires seront distribués en 2015 avant une commercialisation grand public. « Pour développer cette technologie intégrée, il a fallu faire travailler au sein du consortium des ingénieurs venant d’industries totalement différentes. Ce n’est pas toujours facile. Surtout au Japon où les grands groupes travaillent trop en silos et peinent, parfois, à réunir en un produit des savoir-faire très différents », avance Jean-Luc Errant, PDG de Cityzen Sciences.


Les petits parlent aux gros

Comme lui, de plus en plus de dirigeants de start-ups françaises entrevoient l’ouverture de nouvelles opportunités sur un marché japonais de l’électronique longtemps jugé trop intimidant, car monopolisé par de glorieuses multinationales. « Il y a dix ans, nous achetions au Japon nos machines de distribution automatique de médicaments au groupe Tosho. Mais nous avons été progressivement déçus par leur manque de réactivité face à nos besoins de modifications », explique Miguel Mellick, président du groupe Robotik Technology, basé à Béthune. Après des essais en Corée du Sud, l’ancien pharmacien, devenu entrepreneur, a finalement décidé de produire, lui-même, ses appareils dans le Pas-de-Calais. En novembre, il présentait à Tokyo sa toute nouvelle e-box. « C’est un peu une revanche », souffle le dirigeant.

De la forme d’un autocuiseur de riz, cette machine utilisable chez soi distribue automatiquement, à des heures définies, des doses de médicaments. Connectée à Internet, elle permet un suivi de la prise du traitement par les professionnels de santé, qui sont alertés si une prise n’a pas eu lieu. Reliée par Bluetooth à d’autres appareils, elle permet aussi au patient de prendre sa tension seul ou de mesurer son taux de glycémie avant d’échanger ces informations avec son médecin traitant ou son pharmacien qui peut modifier le traitement si nécessaire. 


Le vieillissement, marché d’avenir

« Le marché potentiel est très large ici », estime Miguel Mellick : un quart de la population japonaise a plus de soixante-cinq ans, et le gouvernement encourage le maintien des personnes âgées à domicile, donc les services de télémédecine.

Convaincues des chances de ces solutions françaises sur le marché japonais de la santé ou du bien-être, les institutions publiques françaises soutiennent ces start-ups dans leur approche de l’Archipel. Cityzen Sciences qui a vu ses demandes de prêts maintes fois rejetées par les banques commerciales françaises, a pu ainsi développer sa solution de tissu connecté, en partie, grâce à une injection de 7,2 millions d’euros de Bpifrance. Les premiers pas à Tokyo de Robotik Technology se sont faits, eux, dans le cadre d’une mission organisée au Japon par Bpifrance et Ubifrance.


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