Datsun à l'assaut des nouveaux marchés

Pendant des dizaines d'années, ce fut la marque la plus branchée du marché automobile. Datsun est relancée par Nissan, cette fois pour partir à l'assaut des millions de « primo-accédants » des marchés en développement. Au volant : Vincent Cobee. Papiers du véhicule !

 

Que reste-t-il du mythique nom Datsun ?
Datsun est née avant Nissan et a été commercialisée jusqu'en 1980. La marque s'est développée au Japon dans les années quarante et aux États-Unis dans les années soixante avec une promesse que je veux ressusciter : innovation, style, fiabilité et pertinence pour le cœur du marché. Le nom Datsun n'évoque pas grand chose pour les clients qui nous intéressent aujourd'hui, mais cet imaginaire est en revanche très important en interne, car il nous montre dans quelle direction aller. Je dois protéger et nourrir cet héritage.

Pourquoi ressusciter Datsun?
Nous assistons à une extraordinaire mutation du marché mondial de l'automobile. En cinq ans il a complètement changé, au point que les puissants d'hier sont en train de devenir les crises (bizarre!!!!) de demain. La demande se déplace rapidement des trois grands marchés historiques (Amérique du Nord, Japon, Europe), qui représentaient encore récemment 80% de la demande mondiale, vers de nouveaux pays très peuplés : Inde, Chine, Indonésie, Brésil, Afrique, Amérique Latine, ASEAN... Ces nouveaux marchés représentent 2,5 à 3 milliards de consommateurs, soit la majorité de la planète, qui jusqu'à maintenant avait été négligée par l'industrie automobile. Le décollage économique de ces nations permet à leurs consommateurs d'atteindre le niveau de revenu (environ 5000 dollars de PNB par capita) suffisant pour s'offrir leur première automobile.
Alors, pourquoi Datsun ? Nissan couvre l'ensemble du marché mondial. Mais ces marchés nouvellement formés ont des attentes et des contraintes financières élevées, différentes des marchés historiques, et ont chacun des attentes spécifiques. Un consommateur russe voudra une Sedan capable de supporter les climats froids et de rouler vite. Un Indonésien souhaitera un véhicule stylisé, rapide et large, pour transporter la famille qu'il a nombreuse. Un Indien s'attachera à la modernité de son véhicule, la garde au sol, la consommation d'essence, l'agilité dans le trafic... Ces consommateurs n'ont pas besoin de payer des « droits de douane » et de se voir proposer des véhicules pensés ailleurs que dans leurs pays. Datsun est là pour eux.
La marque Nissan continuera de proposer des produits mondiaux dans plus de 160 pays, alors que la marque Datsun proposera des produits locaux sous une marque mondiale dans des pays dont la demande émerge.

Pouvez-vous donner un exemple ?
En Inde par exemple, la moitié du marché automobile est en dessous de 400.000 roupies, soit 5600 euros. L'offre la plus compétitive de Nissan en Inde, pour beaucoup de raisons, est à 400.000 roupies, donc dans la partie supérieure du marché. Nous devons avoir des véhicules qui correspondent aux marchés locaux. 30 à 70% du marché de nombreux pays dans le monde ne sont pas servis par une offre Nissan simplement, fondamentalement, parce que l'offre Nissan est faite de produits mondiaux. Un produit Nissan à l'audience mondiale comme la March Micra, disponible dans 165 pays, répond à une logique industrielle de standardisation qui en fait un véhicule trop cher pour le marché indien. Datsun prend le problème dans l'autre sens : il part du marché local, fait un produit compétitif en coût en qualité pour ce marché - avec un soutien du groupe Nissan pour le design, les moteurs de qualité, l'assurance... En résumé : j'ai une feuille de papier blanche pour répondre aux aspirations de cette nouvelle classe de consommateurs. Pour remplir ma mission, j'ai la marque Datsun. Mais je suis aussi adossé à un des meilleurs groupes automobiles mondiaux.

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