Décalé : Epilogue pour SAS

SAS n’est pas mort sans avoir connu le Japon. Gérard de Villiers, disparu en novembre dernier, y avait placé l’action de deux de ses dernières aventures. Dans Rouge Dragon et L’exécuteur de Pyongyang, le lecteur retrouve son héros Malko Linge à Tokyo. Gérard de Villiers avait découvert le Japon au milieu des années 2000. Il avait eu pour guide Michel Théoval, directeur général de GHT, qui apparaît sous le personnage de Théo Steffens. « Quand je lui présentais quelqu’un, il le jaugeait et le transformait dans ses livres. Mais il baptisait ses méchants avec des noms proches de leurs inspirateurs réels, ce qui ravissait ces derniers », se rappelle Michel Théoval. Au Japon, il créa une femme chauffeur de limousine, des hôtesses de Ginza et des hauts fonctionnaires de police. Gérard de Villiers avait une connaissance extrêmement fine du milieu de l’espionnage.

Familier des services secrets russes, américains et français, il avait table ouverte dans toutes les ambassades du monde, qu’il renseignait autant qu’elles lui fournissaient des informations. « Il tapait encore sur une machine à écrire à boule IBM », se souvient Michel Théoval. L’été, il retrouvait à Saint-Tropez son compagnon Claude Lanzmann qui, lui, tapait silencieusement sur son ordinateur au bord de la piscine. Ce voyageur infatigable était-il un sédentaire secret ? Gérard de Villiers a été inhumé dans la ville où il était né, à Paris, devant une assistance aussi hétéroclite que ses romans. On raconte qu’il est mort ruiné, incapable de payer ses propres funérailles.

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