Education : De mal en PISA

Le dernier rapport PISA a mis en lumière la pente sur laquelle se trouve le système scolaire français, en particulier pour les mathématiques. Le Japon, lui, a les honneurs du classement.

Le compte n’est pas bon pour les élèves français. Les résultats de l’enquête PISA 2012, cette comparaison des niveaux scolaires que publie tous les trois ans l’OCDE sur 65 pays (dont ses 34 pays-membres), ont été dévoilés début décembre. Ils ont été très mauvais pour la France, provoquant un véritable traumatisme dans les médias hexagonaux. Le ministre de l’Éducation Vincent Peillon avait dû les commenter avant même leur publication pour atténuer le choc de l’annonce. Ces résultats ont en revanche été très bien accueillis par le Japon. Et pour cause.
PISA 2012 portait essentiellement sur l’enseignement des mathématiques, comme PISA 2003. Entre ces deux enquêtes, la France a chuté de la catégorie des pays « avancés » (supérieure à la moyenne de l’OCDE) à la catégorie des pays « moyens ». La baisse est particulièrement alarmante pour les élèves les plus défavorisés : « Par rapport aux résultats de 2003, il y a à peu près autant d’élèves très performants en France, mais surtout beaucoup plus d’élèves en difficulté, ce qui sous-entend que le système s’est dégradé principalement par le bas entre 2003 et 2012 », note l’OCDE dans son rapport sur la France. L’organisation montre que le système scolaire français échoue totalement dans sa vocation égalitariste : « En France, la corrélation entre le milieu socio-économique et la performance est bien plus marquée que dans la plupart des autres pays de l’OCDE. (...) Les élèves issus d’un milieu socio-économique défavorisé n’obtiennent pas seulement des résultats nettement inférieurs, ils sont aussi moins impliqués, attachés à leur école, persévérants, et beaucoup plus anxieux par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE ». Et d’enfoncer le clou : « Le système d’éducation est plus inégalitaire qu’il ne l’était neuf ans auparavant. En d’autres termes, lorsqu’on appartient à un milieu défavorisé, on a aujourd’hui moins de chance de réussir en France qu’en 2003 ». Les élèves issus de l’immigration rencontrent beaucoup plus de difficultés que dans la plupart des autres pays-membres de l’organisation. « Les élèves issus de l’immigration accusent des scores inférieurs de 37 points à ceux des élèves autochtones, soit presque l’équivalent d’une année d’études », relève l’organisation.

Au pays du niveau levant
Le Japon de son côté n’a pas à rougir de PISA 2012. Il ressort second en mathématiques, et premier en compréhension de l’écrit et résolution des problèmes. Ce bon résultat est une revanche : le Japon avait reculé en 2003 et 2006, faisant craindre une chute de niveau. En 2008, le ministère de l’Éducation japonais a augmenté les heures de cours. Le Japon donne en particulier une véritable leçon d’égalitarisme à la France dans son taux de « résilience », soit le pourcentage d’élèves qui réussissent mieux que ce que leur milieu social laisserait supposer : ce pourcentage est de 5% pour les élèves français, contre 11% pour les élèves japonais (la moyenne de l’OCDE est de 6,5%). Depuis 2003, il a baissé dans le cas de la France, et augmenté dans le cas du Japon.

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