Éducation : France et Japon se rapprochent

Une convention sur ce sujet 
lie désormais les deux pays 

L’avenir 
Et si le vrai résultat de la visite d’État de Shinzo Abe en France concernait les étudiants ? Le 5 juin, le Premier ministre japonais et le Président de la République François Hollande ont parrainé la cérémonie de signature d’une convention de reconnaissance mutuelle des études entre la France et le Japon. Cet accord historique a été conclu entre, côté français, la Conférence des Présidents d’Université (CPU) et la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI) et, côté japonais, l’Association des Universités Nationales Japonaises. Il vient honorer un engagement pris par François Hollande lors de sa visite au Japon un an plus tôt. Grâce à cette convention, les étudiants français titulaires du baccalauréat pourront s’inscrire en première année du cycle Gakushi, cycle universitaire de quatre ans qui constitue la référence au Japon. Les étudiants titulaires d’une licence et ayant une première année de master pourront, eux, s’inscrire en première année du cycle Shûshi (cycle de deux ans qui suit les quatre ans du Gakushi). Les étudiants ayant un diplôme de master, enfin, pourront être inscrits en cycle Hakushi (cycle de trois ans, qui correspond en France au doctorat). Les filières de médecine, d’odontologie, de pharmacologie et vétérinaire ne sont pas concernées par cette convention. « Le nombre d’années d’études est plus long pour ces spécialités au Japon qu’en France, et le Japon a préféré ne pas s’engager pour ce type d’études, d’autant qu’un accord devait impérativement être prêt pour la rencontre entre Shinzo Abe et François Hollande. Mais ces cas pourraient être réglés ultérieurement, dans le cadre d’une convention globale entre la France et le Japon », explique un proche des négociations.

Déficit étudiant
Ce nouveau partenariat comblera peut-être enfin le « déficit étudiant » entre la France et le Japon. Chaque année, seulement 800 étudiants français viennent étudier au Japon, tandis que 1800 étudiants japonais partent étudier en France (« et ce chiffre est en hausse », assure l’Ambassade de France). Or les universités japonaises cherchent à attirer les étudiants étrangers. Leurs bancs se dépeuplent depuis des années en raison de la panne démographique du pays, du conservatisme du corps universitaire et de la fermeture de l’Archipel aux étudiants étrangers (les universités japonaises dispensent ainsi très peu de cours en langue étrangères). Le ministère de l’Éducation japonais est considéré par beaucoup de connaisseurs de l’administration japonaise comme un des plus rétrogrades.
Le gouvernement japonais a adopté en 2008 l’ambitieux programme Global 30, qui vise à attirer 300.000 étudiants étrangers sur son sol d’ici 2020. Pour l’instant, c’est un échec complet : selon JASSO, organisme public sous la tutelle du ministère de l’Éducation, il y avait 135.519 étudiants étrangers au Japon en 2013, contre 141.774 en 2010, soit une baisse de 4%. L’essentiel des étudiants étrangers au Japon vient d’Asie. Au moins plusieurs obstacles administratifs majeurs ont-ils été levés avec la signature de cette convention.

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