Repères

NI-HAO ! 

La France et le Japon accueillent aujourd’hui sensiblement le même nombre de touristes chinois. En 2013, 1,3 millions d’entre eux se sont rendus au Japon, selon les chiffres de l’association professionnelle JNTO, contre 1,4 millions en France.
À l’évidence, l’Archipel n’exploite pas suffisamment sa proximité géographique et culturelle avec la Chine. Les tensions géopolitiques entre ces deux géants, la méfiance réciproque qu’ils se vouent gênent l’industrie du tourisme. CLSA estime que les touristes chinois représentent 0,02% de la croissance japonaise. Le Japon accueille deux fois plus de touristes sud-coréens et taïwanais que de touristes chinois. Plus amusant : le nombre de touristes japonais en Chine explose. En 2013, ils étaient 2,8 millions. Il y a 2 fois plus de touristes japonais en Chine que de touristes chinois au Japon.
La France en revanche est, de très loin, le pays d’Europe qui a indéniablement réussi à capter, et à captiver, le mieux les touristes chinois. Elle en accueille deux fois plus que l’Allemagne, et sept fois plus que l’Italie ou la Grande-Bretagne ! Le vin exerce en particulier une fascination sur les Chinois. Leurs achats auraient fait tripler les cours des vins français ces dix dernières années. Les investisseurs chinois possèdent aujourd’hui plus de 50 domaines viticoles dans le Bordelais.
Si le Japon continue d’ignorer, ou d’entraver, les touristes chinois, il en paiera le prix fort. L’émergence de la gigantesque classe moyenne chinoise se fait déjà sentir dans les autres destinations touristiques. Depuis 2012, selon les chiffres de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), la Chine est devenue le numéro un mondial des dépenses touristiques. Entre 2005 et 2012, le nombre de touristes chinois est passé de 31 à 83 millions, soit une hausse de 15% par an. Jusqu’à récemment, les Chinois se satisfaisaient de visiter leur propre pays. Ils limitaient leurs sorties à l’étranger à des pays voisins et se contentaient de faire du shopping. Hong Kong et Macao, ainsi, captent aujourd’hui 62% des touristes chinois à l’étranger. Mais ils partent désormais à l’assaut du monde et diversifient leurs destinations, à l’instar de ce que firent les touristes japonais et sud-coréens lorsqu’ils formèrent une classe moyenne. De Dubaï au Kenya, ils sont partout.
En 2013, les dépenses des touristes chinois ont encore progressé de façon spectaculaire, passant de 102 à 129 milliards de dollars. « Les dépenses touristiques chinoises à l'étranger ont été dopées par l'augmentation des revenus disponibles, l'assouplissement des restrictions relatives aux voyages à l'étranger et l'appréciation de la monnaie. Elles ont été multipliées pratiquement par dix en treize ans, depuis 2000, date à laquelle la Chine n'occupait que la septième position en terme de dépenses. En 2013, la Chine a accru son avance sur le numéro 2 et le numéro 3 au classement des dépenses, à savoir les États-Unis d'Amérique et l'Allemagne, la "distance" qui les sépare dépassant les 42 milliards de dollars », écrit l’OMT dans son rapport annuel 2014. Les touristes chinois devraient être 200 millions en 2020, selon CLSA. Selon les prévisions de CLSA, la France accueillera 3,9 millions de touristes chinois en 2020, le Japon 3,5 millions.



Le Japon, militariste à bon marché

Les dépenses militaires du Japon ont de quoi rassurer les pacifistes. Selon l’Institut de recherche pour la Paix de Stockholm, le Japon dépense 38 milliards d’euros pour sa défense, soit autant que l’Allemagne, et 4 fois moins que la Chine ! La France, elle, dépense 47 milliards. Les États-Unis, enfin, premier budget militaire au monde, dépensent autant que les 9 pays suivants combinés : 500 milliards d’euros.



Ils impriment leur marque

Les marques françaises et japonaises tirent leur épingle du jeu sur les marchés mondiaux. Selon la dernière enquête du consultant Interbrand, on compte 7 marques françaises et 7 japonaises parmi les 100 premières marques mondiales. Sans surprise, les grands noms japonais sont issus de l’électronique et de l’automobile (Toyota, Panasonic), tandis que les fleurons français proviennent pour l’essentiel du luxe (hormis AXA).
Les marques japonaises représentent une valeur cumulée de 91 milliards. Parmi elles, Toyota affiche une santé insolente : la valeur de la marque Toyota a doublé depuis 2000, de 18 à 36 milliards de dollars. Celle de Nissan, au bord de la faillite en 2000, a triplé. En revanche, la valeur de la marque Nintendo, qui semble dépassée par la révolution des jeux gratuits sur téléphone mobile, n’a jamais été aussi basse. Tout comme celle de Sony, qui a été divisée par 2 depuis 2000.
Les marques françaises quant à elles représentent une valeur de 68 milliards. Le groupe LVMH écrase ses pairs. Louis Vuitton est la première marque française du classement, avec une valorisation de la marque qui a triplé depuis le début du siècle ; à quoi il faut ajouter Moët & Chandon, le « M » de LVMH, dont la valorisation est passée de 3 à 4 milliards. La valeur d’Hermès, vieux concurrent de LVMH, a doublé dans le même temps. La Corée du Sud n’a que 3 marques dans le top 100. La Chine n’en a aucune. Les États-Unis en comptent... 56 !



Rendez l’argent !


Les entreprises japonaises continuent d’épargner. Selon une étude « pays » du Fonds Monétaire International (FMI) parue en juillet, les entreprises cotées en Bourse possèdent en cash l’équivalent de 40% de leur capitalisation boursière. Selon Bloomberg, cela représente 57.000 milliards de yens, contre 45.000 milliards il y a deux ans. Ce ratio équivaut à plus du double de celui des entreprises cotées en France ou aux États-Unis. Les sociétés nippones vivent toujours dans l’angoisse d’une nouvelle crise après le dégonflement de la Bulle pendant les années 90. Elles ne redistribuent leur bas de laine ni en salaires pour leurs employés, ni en dividendes pour leurs actionnaires, ni en investissements pour l’économie. Les entreprises japonaises pourraient se montrer plus généreuses à l’avenir : l’arrivée de l’inflation dans l’économie rend particulièrement absurde cette attitude. D’autre part, le gouvernement Abe a récemment fait adopter un code de bonne conduite aux entreprises cotées à la Bourse de Tokyo, qui doit les inciter à mieux gérer leur épargne.



500+100

Le magazine Fortune a publié son classement des 500 entreprises les plus importantes du monde par leur chiffre d’affaires. Il n’est tendre ni pour le Japon, ni pour la France. En 2000, les entreprises japonaises représentaient plus d’un cinquième du classement ; elles ne sont aujourd’hui plus que 57. Les entreprises françaises, elles, ne font guère mieux. Elles sont passées de 35 à 31 sur 500.
Le magazine Forbes est en revanche beaucoup plus élogieux pour les deux pays. Dans son classement des 100 entreprises les plus innovantes au monde, on compte 8 entreprises françaises et 8 entreprises japonaises. France et Japon se partagent, à égalité, la deuxième place du classement mondial dans cette catégorie, derrière les inévitables États-Unis.



Cap sur l’Institut

Le Japon a décidé de faire connaître davantage sa culture à travers la mise en place d’un réseau d’instituts culturels à travers le monde. Ces établissements présenteront tous les aspects, contemporains ou traditionnels, de la culture japonaise. Le premier institut de ce type ouvrira à Londres. Pour l’instant, le réseau culturel japonais fait pâle figure. Selon le ministère des Affaires Étrangères nippon, le Japon compte 47 antennes culturelles à l’étranger. Une présence très timide : la France est représentée dans le monde par 96 Instituts français (auxquels il faut ajouter 900 Alliances Françaises). La Chine est sans doute la plus agressive en la matière : elle gère 1083 instituts Confucius dans 117 pays.

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