Analyses & Etudes

Le futur de la mobilité au Japon : quelles opportunités pour les entreprises étrangères ?

Le Japon accélère sa mobilité : MaaS, électrification et véhicules autonomes ouvrent la voie à de nouvelles opportunités.

Le futur de la mobilité au Japon : quelles opportunités pour les entreprises étrangères ?

Vieillissement accéléré de la population, objectifs ambitieux de neutralité carbone et
densité urbaine extrême : le Japon concentre à lui seul les grands défis de la mobilité
contemporaine. Si le pays a déjà engagé la transformation de son système de transport,
plusieurs segments restent encore en phase de développement, laissant place à de
nouvelles initiatives. Porté par un écosystème industriel dynamique, le secteur de la
mobilité au Japon était estimé à 716,1 millions de dollars en 2024 et devrait poursuivre sa
croissance, avec une progression attendue de 5,43 % entre 2025 et 2035. Dans ce
contexte, l’émergence de solutions plus accessibles, flexibles et durables s’accompagne
d’opportunités croissantes pour les entreprises étrangères souhaitant contribuer à cette
transformation.
Soutenus par les pouvoirs publics, cette évolution s’appuie sur plusieurs axes clés. La
Mobility as a Service (MaaS), l’électrification du parc automobile et l’automatisation des
véhicules s’imposent ainsi comme des segments en plein essor, portés par des besoins
croissants et des déploiements progressifs à travers le pays.
MaaS : vers une mobilité plus intégrée et accessible 
La Mobility as a Service (MaaS) repose sur l’intégration de différents modes de transport
au sein d’une plateforme unique permettant de planifier, réserver et payer ses
déplacements, en remplaçant une logique d’usages isolés au profit d’une approche plus
globale. Au Japon, son développement répond à plusieurs enjeux clés, notamment la
congestion urbaine et la contraction de l’offre de transport dans les zones rurales, tout en
facilitant l’accès à de nouvelles formes de mobilité. Des solutions locales comme Japan
Travel by NAVITIME illustrent cette évolution en proposant des services combinant
différents modes de transport, avec des fonctionnalités de réservation et de paiement
intégrées.
Parallèlement, le déploiement du MaaS s’inscrit également dans une stratégie
environnementale visant à réduire les externalités négatives liées à l’usage des transports
individuels. Dans un contexte où les déplacements restent majoritairement liés aux trajets
du quotidien et aux flux touristiques, l’intégration de solutions électriques ou partagées
permet de limiter la dépendance à la voiture individuelle tout en améliorant la fluidité des
déplacements. À ce titre, le Japon déploie depuis plusieurs années des solutions concrètes
comme LUUP, un service de trottinettes et de vélos électriques en libre-service désormais
présent dans de nombreuses villes. En facilitant les déplacements de courte distance et
l’intermodalité, ces solutions favorisent une mobilité plus fluide, durable et intégrée.
Portée par ces évolutions, la MaaS s’impose aujourd’hui comme un marché en pleine
expansion au Japon, avec une valeur estimée à 605 millions de dollars en 2025 et des
projections dépassant les 9 milliards de dollars à l’horizon 2033. Cette croissance s’appuie
sur le développement de nombreuses innovations, telles que les services de mobilité
partagée (vélos, voitures, trottinettes), les transports à la demande ou encore les véhicules
autonomes. De façon plus générale, les plateformes MaaS s’imposent ainsi comme un
levier stratégique de politiques publiques, contribuant à renforcer la continuité territoriale et

à améliorer l’inclusion sociale.
Électrification et hydrogène : les pilliers de la transition
automobile
Depuis une vingtaine d’années, le Japon s’est engagé dans la transition énergétique de
ses transports, avec des objectifs alignés sur la neutralité carbone à l’horizon 2050 et une
réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035. Aujourd’hui, cette
dynamique repose en grande partie sur le soutien des pouvoirs publics, qui mobilisent des
moyens importants — près de 1,2 trillion de yens en 2024 (environ 6,5 milliards d’euros) —
pour financer des subventions, encourager l’achat de véhicules hybrides et électriques et
développer les infrastructures de recharge. Dans ce cadre, le gouvernement vise
notamment une électrification complète des ventes de voitures particulières neuves d’ici
2035, ainsi que l’installation de 300 000 bornes de recharge à l’horizon 2030.
Si cette trajectoire s’inscrit dans des objectifs ambitieux, elle reste néanmoins marquée par
l’héritage du modèle industriel japonais. Pendant près de vingt ans, le pays a privilégié les
motorisations hybrides — les véhicules électriques ne représentant encore qu’une part
inférieure à 1 % du parc automobile total et environ 3,6 % des ventes neuves au début des
années 2020 — avant qu’une accélération nette ne s’observe à partir de 2023. Les ventes
sont ainsi passées de 15 000 unités en 2020 à 88 000 en 2023, soit environ 12,3 % des
ventes de voitures neuves, tandis que l’offre de véhicules électriques à batterie s’élargit
rapidement, passant d’une dizaine de modèles en 2019 à plus de 60 d’ici 2025.
Dans ce contexte, Nissan s’impose comme l’un des acteurs les plus engagés dans
l’électrification du secteur. Le constructeur accélère le développement et la production de
modèles 100 % électriques, tout en élargissant sa gamme de véhicules innovants. Avec
des objectifs ambitieux — notamment une électrification complète de ses ventes en Europe
d’ici 2030 — et des coopérations industrielles avec des partenaires comme Mitsubishi et
Honda mais également avec des marques françaises comme Renaud, Nissan contribue
activement à la transformation du marché et à l’évolution du paysage de la mobilité au
Japon.
Parallèlement, le Japon a également identifié très tôt le potentiel de l’hydrogène comme
alternative aux énergies fossiles, en mettant en place dès 2017 une stratégie nationale
dédiée. Les premiers déploiements ont concerné les bus et les camions, avant
l’introduction de véhicules particuliers dès 2014, à l’image de la Toyota Mirai ou de la
Honda Clarity. Encore en développement, le marché s’était fixé comme objectif de déployer
200 000 voitures à hydrogènes en 2025 et vise aujourd’hui les 800 000 d’ici 2030, laissant
entrevoir des opportunités concrètes pour les entreprises étrangères souhaitant se
positionner sur ce segment.
Ainsi, l’évolution du parc automobile japonais s’accompagne d’un renforcement des
politiques de soutien et d’objectifs ambitieux. Dans ce contexte, le développement des
véhicules électriques et hydrogènes fait émerger des besoins importants, offrant des
opportunités pour les entreprises positionnées sur les technologies, les infrastructures et
les services associés.
Véhicules automatisés : entre expérimentation et déploiement
progressif
Parmi les innovations les plus marquantes du secteur, le Japon investit depuis plusieurs
années en faveur de l’automatisation des véhicules à l’aide de technologies avancées

telles que des capteurs sophistiqués et l’Intelligence Artificielle. Cette révolution marque un
tournant pour la mobilité de demain et vise à répondre aux enjeux liés à la pénurie de
conducteurs professionnels, au vieillissement démographique et d’accessibilité en zones
rurales.
En 2023, le gouvernement a modifié le cadre réglementaire en autorisant désormais la
mise en circulation sur les routes de véhicules sans conducteur dans certaines zones
définies. La même année, une première expérimentation a été menée dans la ville d’Eiheiji,
située dans la préfecture de Fukui, où un service de transport autonome a été lancé pour la
première fois au Japon. Depuis, l’expérience a été renouvelé au sein d’autres préfectures
comme celle d’Aichi avec son service de navettes autonomes.
Le développement de ces solutions s’appuie sur une collaboration étroite entre
constructeurs, entreprises technologiques et pouvoirs publics. De grands groupes japonais,
comme Toyota, Honda et Nissan, développent déjà des véhicules dotés de fonctions de
conduite automatisée avancées. Parallèlement, les autorités ont défini une feuille de route
ambitieuse visant à déployer des autobus autonomes dans les 47 préfectures d’ici 2030,
dans le cadre de la stratégie « Digital Garden City ».
Afin de répondre aux enjeux actuels, les investissements dans l’automatisation se
concentrent en priorité sur certains usages ciblés, tels que les navettes urbaines, la
mobilité locale dans les territoires vieillissants, les robotaxis en zones denses et le fret
longue distance. Cette approche progressive vise à renforcer l’acceptabilité sociale et à
garantir un haut niveau de sécurité opérationnelle avant un déploiement plus large.
L’arrivée récente de Waymo sur le marché japonais illustre cette évolution. En partenariat
avec GO, l’application de taxi la plus utilisée au Japon, le leader mondial de la conduite
autonome prévoit de déployer ses véhicules sans conducteur à Tokyo dès 2025, confirmant
l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour ce marché.
Aujourd’hui, le Japon se situe dans une phase de transition, entre expérimentation et
déploiement à plus grande échelle. L’arrivée de Waymo illustre l’ouverture progressive du
marché à des acteurs internationaux et met en lumière les opportunités de développement,
notamment dans les domaines de la sécurité, de la gestion des données, des technologies
et des éco-matériaux.
Un marché stratégique pour les acteurs internationaux
Face à des défis démographiques, environnementaux et territoriaux majeurs, le Japon
engage une transformation profonde de ses modèles de mobilité. En combinant MaaS,
électrification et automatisation, le pays ne se limite pas à innover technologiquement : il
redéfinit les usages et construit un véritable terrain d’expérimentation.
Pour les entreprises étrangères, l’enjeu dépasse ainsi l’accès à un marché supplémentaire.
Le Japon représente une opportunité stratégique de co-développer, tester et valider des
solutions dans un environnement exigeant, reconnu pour ses standards élevés et sa
capacité à faire émerger des innovations robustes et durables. À condition de s’inscrire
dans une logique de partenariat et d’adaptation locale, il s’impose aujourd’hui comme l’un
des écosystèmes les plus pertinents pour anticiper et capter les transformations à venir
dans le secteur de la mobilité.
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