Education : L'informatique, un outil pour l'enseignant

Les élèves apprennent désormais en numérique. Rencontre avec Farid el Khalki, responsable de l’informatique au Lycée Français International de Tokyo (LFIT) 

Comment les outils numériques bouleversent-ils l’enseignement au lycée ?
Cela dépend du niveau de la scolarité. En primaire, les élèves font des productions : ils mettent en ligne des photos de spectacles, des chansons... Ainsi, un professeur de CM2 fait faire tous les jours une météo de Tokyo à ses élèves.
Au secondaire, ils sont déjà dans la création et réalisent des œuvres sonores ou écrites. Ils apprennent vite à faire des choses complexes et à travailler en collaboration. L’outil numérique permet aussi une différenciation des tâches. Il répond bien à la personnalisation des parcours et à la validation de compétences. Les élèves du LFIT font une partie de leurs devoirs à la maison, par écrit ou en ligne. Ils se familiarisent aux usages des outils qu’ils seront amenés à utiliser dans l’avenir.

N’avez-vous pas peur que les outils informatiques ne soient souvent pour les élèves que des prétextes à se distraire ?
Le réseau du LFIT n’est pas ouvert à 100% sur l’internet. Les élèves n’ont accès qu’au contenu reconnu d’intérêt pédagogique. L’informatique est un complément, pas un remplacement. Les tablettes et les ordinateurs doivent représenter un progrès. C’est à l’enseignant de leur apprendre à se servir de ces outils. Ils permettent au professeur de mathématiques de mieux expliquer des notions abstraites, et de compléter le bon vieux compas et la bonne vieille règle. Ils permettent au professeur d’Histoire de visualiser un événement historique de manière directe. Bien souvent les élèves ont moins peur de se tromper devant un ordinateur que devant leur enseignant. Finalement, un bon ordinateur ne remplacera jamais un bon professeur...

Quels progrès l’informatisation des lycées permet-elle ?
Les examens, la présentation des contenus pédagogiques et le recueil d’informations bénéficient directement des progrès de l’informatique. La communication entre les différents acteurs de la communauté pédagogique s’en retrouve également améliorée. Avant, les professeurs devaient se déplacer pour corriger des épreuves et participer au jury des examens, notamment pour les épreuves orales, qui doivent se faire en face à face. Le LFIT a été le premier lycée français dans le monde à réaliser une épreuve orale (Japonais) du baccalauréat en  visioconférence, en juin 2011. Les examinateurs étaient à Tokyo, et les élèves à Séoul. Pour les enseignants, les parents et les enfants, cela représente d’énormes économies de temps et d’argent.

Pensez-vous que l’éducation à distance va exploser grâce à l’informatique ?
Je ne crois pas au “tout” éducation à distance. Enseigner est une expérience humaine, où la proximité physique est toujours plus enrichissante qu’un cours par visioconférence. Un professeur, en présence de l’élève, peut sentir son stress, se rendre compte de ses difficultés... L’enseignement à distance et les outils informatiques se révèlent nécessaires lorsqu’il s’agit de maintenir la continuité pédagogique et/ou la communication avec les familles en cas de problèmes majeurs. Tout est une question de dosage.

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