Japon : point sur l'économie - semaines des 13 et 20 juillet 2020

Japon : point sur l'économie - semaines des 12 et 20 juillet 2020

Source : Ministère de l'Economie et des Finances
 

Evolutions macroéconomiques

Le gouvernement japonais a publié les grandes lignes de sa politique budgétaire et fiscale et dévoilé les réformes (« honebuto ») prévues pour la prochaine année fiscale. Le document, publié le 19 juillet, fait état d’une situation économique fragile compte tenu des faiblesses antérieures et de celles révélées par la crise sanitaire du COVID-19 (retard dans la digitalisation, difficulté à mettre en œuvre le télétravail…). Pour cette raison, les nouvelles orientations économiques et budgétaires du Japon vont mettre l’accent à court-terme sur une relance, par étape compte tenu du contexte de la pandémie, orientée vers l'accélération de la digitalisation (tant au sein de l'administration que dans le secteur privé), tout en continuant à stimuler la consommation et soutenir les ménages et entreprises. A moyen et long terme, les objectifs antérieurs des Abenomics sont confirmés pour renforcer la croissance post-Covid : ainsi la priorité est donnée à la hausse de la participation au travail des femmes, à l’innovation, à la revitalisation tant démographique que régionale. S’ajoute un objectif à moyen et long terme nouveau, celui de l’accroissement de la résilience des circuits de production et d’approvisionnement, tandis la volonté de consolider les accords de libre-échange régionaux semble plus musclée dans le discours du gouvernement, au vu de la situation difficile du commerce extérieur japonais. (Source : NHK (japonais))

La Banque du Japon a maintenu inchangée sa politique monétaire, lors de sa réunion du 15 juillet. En revanche, dans son rapport trimestriel, la banque centrale a dégradé ses prévisions de croissance pour l’année fiscale [03/2020-03/2021] : désormais, le recul du PIB nippon est estimé entre -4,5% et -5,7%, contre une fourchette précédente entre -3% et -5%. Cette dégradation des perspectives de croissance est expliquée par un choc domestique plus fort qu’anticipé et des marchés exports davantage affectés par l’épidémie (en particulier pour le 1er client du Japon, les Etats-Unis). Un rebond de la croissance japonaise est escompté sur la période 03/2021-03/2022 avec une croissance du PIB comprise entre +3% et +4%. L’inflation devrait être négative autour de -0,5% sur l’année fiscale [03/2020-03/2021]. (Source : Bank of Japan)

Les chiffres du commerce extérieur japonais au 1er semestre 2020 témoignent d’une forte dégradation des échanges commerciaux, en lien direct avec la crise économique et sanitaire. Sur les six premiers mois 2020, les exportations japonaises ont chuté de -15,4% avec un point bas atteint au mois de mai (-26,2% en mai 2020 versus mai 2019). Parallèlement, les importations japonaises ont baissé, mais à un rythme moindre (-11,6%), ce qui a participé à creuser un peu plus le déficit commercial du Japon : - 2 239 Mds ¥ (-18,6 Mds €), contre - 892 Mds ¥ (-7,1 Mds €) au premier semestre 2019.  Par destination, les exportations ont particulièrement décliné vers les États-Unis (-27,2%, 2ème client / 2ème fournisseur), l’Union Européenne (-17,7%) et la Corée du Sud (-10,9%). La baisse des exportations est apparue moins prononcée vers la Chine (-3,6%, 1er client / 1er fournisseur). Par produits, on constate une dégradation de la performance à l’export des matériels de transport (-28,2%, 20% des exports) et des machines-outils (-18%, 20% des exports). Côté importations, la baisse des cours du pétrole a tiré à la baisse les importations en valeur depuis le Moyen-Orient (-29,6%). (Source : Trade Statistics – Ministère des Finances)
 

Relations commerciales et multilatérales

La révision de la stratégie japonaise d’exportations d’infrastructures, annoncée il y a quelques mois, a été officialisée le 9 juillet avec pour résultat l’arrêt « en principe » du financement de nouvelles centrales à charbon dans les pays tiers, si ces derniers ne présentent pas de politique claire de décarbonation. Les organisations environnementales soulignent que cette nouvelle stratégie reste contraire à l’Accord de Paris et regrettent les nombreuses exceptions qui subsistent, tant du côté public que privé, selon les technologies employées et la trajectoire des pays bénéficiaires. Autre sujet épineux pour le gouvernement : les centrales à charbon sur le territoire japonais. Sous l’impulsion du ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI), le Japon a annoncé le 3 juillet, soit quelques jours avant l’annonce sur la politique d’export, l’arrêt progressif d’ici 2030 d’une centaine de centrales à charbon dites « inefficientes » (sur 140 unités en juillet 2020). Le gouvernement japonais s'est ainsi engagé à étudier des mesures concrètes pour "arrêter les centrales à charbon inefficaces et faire des énergies renouvelables une source d'électricité majeure". Le METI indique que toute centrale n’utilisant pas la meilleure technologie disponible, ultra-supercritique (USC) ou à cycle combinée, devra être mise à l'arrêt. Ceci devrait donc majoritairement affecter les plus petites unités, plus anciennes et moins performantes. Parmi les mesures envisagées pour accompagner ces fermetures : un durcissement des réglementations et des incitations pour faciliter la transition des opérateurs électriques. Le ministre de l'environnement, Shinjiro Koizumi, s'est voulu optimiste dans les récentes conférences de presse en soutenant que les annonces sur la politique d'export et domestique sont des étapes charnières pour le Japon et qu'elles permettent d'établir une base solide pour la révision en 2021 de la stratégie énergétique nationale, qui conditionne en grande partie la stratégie climatique du pays.  (Sources : Japan Media HighlightsJapan TimesBloombergJournal de Montréal )
 

Entreprises

Dix ans après le lancement de la Nissan LeafNissan dévoile son nouveau modèle-phare de véhicule électrique ainsi qu’un nouveau logo. Le constructeur a officiellement dévoilé le mercredi 15 juillet son nouveau modèle tout-électrique, un crossover SUV nommé Ariya qui sera mis sur le marché en 2021 pour un prix d’environ 40 000 €. Nissan, qui espère redresser sa réputation et marquer un tournant après une année très difficile (déficit net de 5,4 milliards € en 2019-2020), a choisi cette occasion pour dévoiler un nouveau logo, au design épuré. La cérémonie de présentation du crossover SUV Ariya a été retransmise en ligne, dans le nouveau showroom Nissan Pavillion qui devait initialement accueillir le grand public pour les Jeux Olympiques de Tokyo d’août 2020. La stratégie de redressement de Nissan, annoncée en mai 2020, appelle à un changement d’image qui passera par le lancement de 12 nouveaux modèles d’ici fin 2021 et au renforcement de la position privilégiée de Nissan sur le marché en forte croissance du véhicule électrique, avec 8 modèles tout-électrique prévus d’ici 2024. Le modèle Ariya symbolise donc tous les espoirs de Nissan et sa réussite sera un enjeu vital pour le constructeur : il s’agit selon les mots du CEO Makoto Uchida du « nouveau visage de Nissan ».  Pour mémoire, la Leaf a été le premier véhicule tout-électrique du monde destiné au marché de masse à son lancement en 2010, faisant de Nissan un pionnier du véhicule électrique. Il s’est vendu à environ 470 000 exemplaires dans le monde dans sa version d’origine ou dans une deuxième version lancée en 2017. Un modèle adapté de la Leaf et destiné exclusivement au marché chinois, la Sylphy, a également été mis sur le marché en 2018. (Source : NissanNikkei Asian Review)
 

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