Japon : point sur l'économie - semaines des 19 et 26 octobre 2020

Japon : point sur l'économie - semaines des 19 et 26 octobre 2020

Source : Ministère de l'Economie et des Finances

Evolutions macroéconomiques

À la suite de son conseil de politique monétaire tenu les 28 et 29 octobre, la Banque du Japon (BoJ) a maintenu le statu quo concernant sa politique monétaire - taux ou politique d’achat de titres - ainsi que la poursuite de son programme à destination des entreprises, qui est plébiscité à la fois par les entreprises et par les institutions financières. Avec ce programme elle fournit de la liquidité aux institutions financières qui s’engagent en retour à prêter aux entreprises, alors que le gouvernement prend à sa charge les intérêts dus et octroie une garantie sur le principal. Elle a annoncé, dans ses perspectives trimestrielles du 4ème trimestre, avoir revu à la baisse ses prévisions  (i) de croissance (-0,8 pp à -5,5%), en raison d’une reprise moins forte qu’anticipé dans le secteur des services (en lien avec l’aggravation de la crise sanitaire au mois d’août) et (ii) d’inflation (-0,1 pp à -0,6%) pour 2020 en raison de l’impact de la campagne Go to travel qui oriente à la baisse les prix des nuitées d’hôtels. Bank of Japan

Lors de son premier discours politique devant le Diète le 26 octobre, le Premier ministre Yoshihide Suga a annoncé officiellement que le Japon viserait la neutralité carbone d’ici à 2050. Le gouvernement compte mettre en avant un cercle vertueux entre l’économie et l’environnement comme pilier de sa stratégie de croissance. En matière d’approvisionnement en énergie, le Premier ministre a mentionné le développement des énergies renouvelables, plus spécifiquement l’éolien offshore et le solaire, tout en rappelant que la promotion d’une politique d’énergie nucléaire stable et sûre reste une priorité. Il a également insisté sur le rôle clé des innovations technologiques telles que la capture et le stockage du carbone ou les cellules photovoltaïques de nouvelle génération (pérovskite). Le Japon souhaite également changer « fondamentalement » sa politique concernant les centrales à charbon. Le Ministre en charge des questions énergétiques (METI), M. Kajiyama, a précisé que les annonces du Premier ministre ne signifient pas un désengagement complet du charbon. Le gouvernement compte continuer d’exploiter les centrales ultrasupercritiques (USC) en les combinant avec des technologies de capture et de stockage du carbone. Le Premier ministre a également fait mention dans son discours du travail de reconstruction post-Fukushima et de l’importance d’améliorer la résilience du pays face aux désastres. 

Malgré des annonces prometteuses, une partie de la presse, dont le Nikkei, s’interroge sur la capacité du Japon à déployer une stratégie de décarbonation centrée sur l’innovation en soulignant le retard du pays par rapport à la Chine dans le domaine des batteries solaires.

Suite au discours du Premier ministre, le Ministre de l’environnement, M. Koizumi, a mentionné devant la presse le 28 octobre les mesures que le gouvernement prévoit en vue de l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050 : financements pour les municipalités ayant annoncé un objectif de neutralité carbone d’ici 2050 afin de favoriser le développement des énergies renouvelables, extension des subventions pour l’achat de véhicules électriques et nouvelle cible de réduction des émissions de GES avant la COP26. NikkeiAsia NikkeiNHK
 

Relations commerciales et multilatérales

Le Japon veut unir public et privé pour renforcer ses capacités en cyberdéfense. En réaction aux récentes annonces de cyberattaques ciblant l’organisation des JO à Tokyo et des informations sur le développement des vaccins contre la COVID-19, le gouvernement japonais appelle à la vigilance. Plus de 20 sociétés et organisations japonaises (Hitachi, NEC, Fujitsu, Mitsubishi Electric, Yokogawa Denki, NTT, Waseda University, Kobe University, etc.) sont déjà mobilisées, à la demande du gouvernement, pour créer d’ici 2022 une entité chargée de l’étude et de la défense contre les cyberattaques. L’objectif visé est d’être capable d’analyser les cyberattaques dès qu’elles sont détectées par une entreprise afin d’identifier si possible l’attaquant et de fournir des instructions pour s’en protéger. Le Japon est encore relativement en retard par rapport à d’autres pays sur le sujet de la cybersécurité et se repose majoritairement sur des entreprises étrangères, ce qui lui fait craindre pour sa sécurité nationale. NikkeiNikkeiJapantimes
 

Entreprises

NTT va accélérer ses investissements dans les start-ups early-stageLe groupe japonais NTT, via sa branche VC basée en Californie, prévoit d’investir dans 20 à 30 start-up, principalement aux Etats-Unis pour augmenter sa présence à l’international. Les secteurs visés sont ceux en lien avec la digitalisation des services de santé et avec les technologies facilitant le télétravail, secteurs en pleine accélération en cette période de pandémie. NTT VC a par exemple investi dans la start-up américaine Celona (réseaux 5G privés), dans Eko (stéthoscopes intelligents) et dans Nference (données médicales). Contrairement à d’autres fonds d’investissement plus importants comme celui de SoftBank par exemple, NTT VC cible avant tout les start-up early-stage avec lesquelles des partenariats stratégiques seraient pertinents. Nikkei
 

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