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Japon : point sur l'économie - semaines des 9 et 16 mars 2020

Japon : point sur l'économie - semaines des 9 et 16 mars 2020

Source : Ministère de l'Economie et des Finances
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2020/04/01/breves-bimensuelles-japon-coree-semaines-des-9-fevrier-et-16-mars

Évolutions macroéconomiques

  • Les récents chiffres du commerce extérieur japonais mettent en évidence les violents effets de l’épidémie du Covid-19 sur le commerce régional. En effet, le Japon a enregistré une chute de 14% de ses importations en février 2020, dont -47% pour les seuls biens importés de Chine (la plus forte baisse enregistrée depuis 1986). La baisse des importations japonaises est particulièrement notable pour les biens de consommation (habillement -37%, téléphones portables -34%, ordinateurs -27%), les biens intermédiaires (-18%) et les matières premières (-10% au global, dont -24% sur le gaz naturel liquéfié). Sur la même période, les exportations enregistrent leur quinzième mois consécutif de baisse (-1% par rapport à février 2019), pénalisées par le déclin des ventes à l'étranger de machines-outils (-9%) et matériels de transport (-4%), notamment vers les Etats-Unis. Les performances japonaises à l’export sont toutefois supérieures aux prévisions des  analystes, sondés par Reuters, qui anticipaient une baisse de -4,3% des exportations et une baisse de -14,4% des importations. Compte tenu de la baisse brutale des importations, le Japon enregistre un excédent commercial de 1,1 trillion de yens (9 Mds€) sur le mois de février 2020, son plus gros excédent commercial mensuel depuis septembre 2007. Douanes JaponaisesJapan TimesKyodo News
  • Le nombre de visiteurs étrangers au Japon a chuté de 58% en février. Il s’agit de la plus forte baisse enregistrée depuis l’accident de Fukushima en 2011. Selon l’organisation nationale du tourisme japonais, le nombre de visiteurs étrangers au Japon a diminué de 2,6 millions en février 2019 à 1,09 million en février 2020. La poursuite du boycott par les touristes coréens mais surtout, l’interdiction des voyages de groupe actée par les autorités chinoises le 27 janvier, puis la fermeture le 1er février des frontières aux touristes en provenance de la région chinoise de Hubei expliquent l’effondrement du tourisme au Japon. En février, le nombre de touristes chinois a ainsi fondu de -88% en rythme annuel et le nombre de visiteurs coréens de -80%. Pour mémoire, le nombre de visiteurs étrangers au Japon avait progressé de 2,2% en 2019 pour atteindre 31,8 millions au total. L’objectif gouvernemental pour 2020, année des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo, était initialement de 40 millions. Mainichi ; JNTO
  • La réserve fédérale américaine a décidé le15 mars de baisser son taux directeur de 1% à [0 ; 0,25%] et d’injecter 700 milliards USD de liquidité. Dans la foulée, la Banque du Japon (BOJ) a avancé sa réunion de politique monétaire et décidé le 16 mars une injection de liquidité en Yen, équivalente à 75 milliards USD. Son taux directeur, négatif depuis 2016, n’a pas été modifié (-0,1%). L’injection de liquidité en Yen se fera grâce au doublement des achats annuels d’ETF (Exchange Traded Funds ou fonds indiciels cotés) et à l’augmentation des achats d’obligations d’entreprises et de papier commercial (titres court terme émis par les entreprises).  L’objectif d’achat des obligations d’Etat japonaises reste inchangé. L’annonce par la BOJ de cette injection de liquidité en Yen a permis de compléter l’action concertée des banques centrales (BOJ, Fed, BCE, Banque du Canada, Banque d’Angleterre, Banque Nationale Suisse) pour assurer une disponibilité suffisante en dollar américain sur les marchés financiers. JapanTimes ; Kyodo
  • La santé économique des filières "porc" et "gibier" mise à mal par l’épizootie de peste porcine classiqueL’épizootie de peste porcine classique que connaît le Japon depuis septembre 2018 continue d’évoluer. Elle touche depuis janvier 2020 l’île principale de l’archipel d’Okinawa. En mars, deux nouveaux élevages de cette île ont été touchés, portant à 58 le nombre de foyers d’élevages contaminés sur le territoire national depuis le début de l’épizootie. La vaccination des porcs d’élevage a commencé en octobre 2019 et concerne maintenant 19 préfectures du centre de Honshu ainsi que la préfecture de Nara.

Un dispositif d’indemnisation des éleveurs de porcs contraints d’abattre leur cheptel en cas de foyer de peste porcine classique est prévu par le MAFF. Pour calculer le montant de l’aide attribuée à chaque éleveur, sont pris en compte le nombre d’animaux et leur âge (plus les animaux sont âgés, plus l’indemnité est importante) ainsi que le prix du marché mais pas l’éventuelle valorisation en différents produits transformés (produits de charcuterie par exemple). Par ailleurs, ces aides sont soumises à impôt, ce qui n’était pas le cas de celles versées lors de l’épizootie de fièvre aphteuse.

En ce qui concerne la filière gibier, aucune aide directe au revenu n’est prévue par le MAFF, ce que déplorent les professionnels de ce secteur (abattoirs et établissements de transformation). Le MAFF les encourage à s’approvisionner depuis les zones non infectées, en mettant à leur disposition des véhicules frigorifiques et en subventionnant les frais de transport des animaux. Agricultural News, site de l’OIE.

Relations commerciales et multilatérales

  • L’appétit du marché japonais pour les produits alimentaires français croît : 2019 a été une année de progression des exportations, dopées par l’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat économique UE-Japon.

Selon les données des douanes françaises, les exportations agro-alimentaires françaises vers le Japon ont augmenté de 7,4% en 2019 par rapport à 2018, passant de 1 182 milliards d’euros à 1270 milliards d’euros. Les exportations agro-alimentaires représentent 16% du total des exportations françaises vers le Japon, au deuxième rang après le secteur aéronautique qui a connu une année 2019 exceptionnelle.

Le premier poste d’exportation du secteur reste le vin, dont les ventes au Japon augmentent de 12% pour atteindre 580M€, soit 46% du total des exportations agricoles et alimentaires. L’impact de l’Accord de partenariat économique, entré en vigueur le 1er février 2019, est très fort sur les vins pour lesquels les droits de douanes ont été annulés, avec de probables reports d’achats des importateurs de fin 2018 sur le premier trimestre 2019. La progression des ventes de produits laitiers, deuxième poste en valeur avec 89M€, est également significative (+7,5%) en dépit des difficultés d’accès au contingent d’importation de fromage à tarif préférentiel qu’ont connu les entreprises françaises.

Les progressions les plus remarquables concernent les biscuits (38M€, +17%) et la catégorie « pain, pâtisserie et viennoiseries » (12,5M€, +35%), produits qui bénéficient de baisses des droits de douane depuis l’entrée en vigueur de l’APE. Cette tendance reflète également les évolutions des habitudes alimentaires japonaises, en particulier au petit-déjeuner, de plus en plus occidentalisé. En revanche, les exportations de viandes (de porc essentiellement) stagnent (65 M€, +0,5%).

Entreprises

  • La centrale de production d'hydrogène vert Fukushima Hydrogen Energy Research Field (FH2R) est entrée en service à Namie, dans la préfecture de Fukushima. Le Premier ministre Shinzo Abe a assisté à la cérémonie d’ouverture du projet auquel l'État, Toshiba, Tohoku Electric Power et le distributeur de gaz naturel Iwatani ont pris part.  D’un coût total d’environ 20 milliards ¥ (168 millions €), équipée de 20 MW d'installations de production d'énergie solaire sur un site de 180 000 m2,  FH2R est la plus grande unité de production d’hydrogène alimentée par des énergies renouvelables au monde. Avec une capacité de production, de stockage et de distribution de 1 200 m3 d'hydrogène/heure, FH2R peut alimenter jusqu’à 560 véhicules à pile à combustible par jour. Une fois produit, l'hydrogène sera transporté par des camions-citernes vers les zones de consommation. Le lancement de cette centrale permet au gouvernement Abe de contrer en partie les critiques sur le manque d’engagement du Japon dans la lutte contre le changement climatique, notamment dû à sa dépendance aux centrales au charbon ainsi qu'au financement de celles-ci à l'étranger. À terme, les différents partenaires envisagent d’exporter cette technologie. « L’hydrogène pourrait être produit dans d’autres pays, où le coût des énergies renouvelables est moins élevé, pour être ensuite importé au Japon », a déclaré Manabu Tsuyoshi, cadre dirigeant d’Iwatani. Dans un premier temps, c'est comme combustible pour la flamme olympique que l'hydrogène produit doit être utilisé, puis pour à alimenter la flotte de véhicules à pile à combustible déployée par Toyota Motor à l’occasion des JO.

SourceNikkei Asian Review, 8 mars.

  • Le fabricant d’électronique japonais, Sharp, prévoit de séparer son activité de production d’écrans à cristaux liquides (LCD) du reste de ses activités et de créer une filiale dédiée cotée en Bourse. Cette opération, censée être réalisée au cours de l’exercice comptable débutant le 1er avril 2020, doit permettre à Sharp de lever des capitaux externes afin d'investir davantage dans des écrans de nouvelle génération, comme les écrans MicroLED. La nouvelle filiale ne produira cependant que des écrans de petits et moyens formats et le groupe en restera actionnaire à 50%. En 2018, cette activité dégageait un chiffre d’affaires d’environ 7 Mds USD, soit environ 30% du CA total du groupe. La séparation ne concernera pas les grands écrans LCD utilisés pour l’affichage public, les téléviseurs ou dans les entreprises et pour lesquels le groupe mise sur une forte hausse de la demande, en prévision notamment des Jeux Olympiques de Tokyo.

Nikkei Asian ReviewNikkei Asian Review

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