La rencontre : Yasunobo Suzuki (NTN)

« NTN fonctionne en synergie avec SNR »

En 2006, le Japonais NTN, un des leaders mondiaux de l’industrie des roulements mécaniques, a investi dans le groupe français SNR. Le président-directeur général du groupe Yasunobu Suzuki revient pour FJE sur son expérience en France

Pourquoi avoir investi dans SNR en 2006 ?
Nous étions présents en France depuis 1998, date de la création d'une société commune avec Renault, NTN Transmissions Europe. Mais NTN avait une faible présence en Europe, alors que SNR était le leader européen sur les roulements et les senseurs. Ils étaient particulièrement forts dans l’aéronautique. Quand nous sommes allés les visiter, nous avons été très impressionnés. Ils avaient une excellente recherche-développement. Nous ne les avons pas considérés comme une entreprise inférieure à NTN, mais comme une égale. Nous nous sommes aussi trouvés beaucoup d’affinités avec la France. C’est d’Europe qu’est partie la Révolution Industrielle qui a préludé au développement du Japon. Enfin la France est très pratique sur le plan géographique, en Europe bien sûr mais aussi vers l'Amérique du Sud.

Qu’avez-vous changé dans SNR depuis votre arrivée ?
Pas grand-chose. Au début, nous avons envoyé beaucoup de Japonais, mais aujourd’hui il n’en reste plus que cinq ou six. Il y a beaucoup d'échange de personnel entre le Japon et la France. Il y a même des Japonais qui travaillent avec des Français dans nos usines dans les pays tiers, comme à Shanghai.

Avez-vous eu des difficultés particulières après votre investissement ?
Nous avons dû lever les incertitudes des employés sur l’avenir de leur entreprise. Il nous a fallu environ un an pour les tranquilliser et leur expliquer que nous allions travailler ensemble. J’ai travaillé au Canada et en Allemagne. J’y ai appris qu’il fallait toujours respecter les sensibilités locales. On ne développe pas une entreprise contre ses employés.

Comment expliquez-vous le succès de NTN dans votre industrie très concurrentielle ?
Il y a sept ou huit groupes qui produisent des roulements dans le monde, dont quatre au Japon seulement. C’est beaucoup trop. Ce qui nous distingue, c’est que nous sommes très vite sortis du Japon pour aller sur les marchés étrangers. Nous ne sommes jamais reposés sur nos clients japonais comme Toyota.

Quelles sont vos synergies avec SNR ?
Nous fabriquions des roulements pour moteur d’avions avant notre alliance avec SNR. Grâce à notre présence en Europe, nous avons déjà remporté des appels d’offres des grands motoristes Rolls Royce et Pratt & Whitney. Nous sommes en train de transformer notre offre pour fournir non plus seulement des roulements, où les marges sont faibles, mais aussi des modules et des systèmes. Ces produits innovants seront développés et fabriqués en France. Pour l’éolien par exemple, nous avons développé des systèmes de monitoring qui permettent de doubler la durée de vie, de dix à vingt ans, des éoliennes classiques. Ces systèmes sont reliés à un centre d'assistance. Pour l’automobile, nous avons développé des systèmes de moteur roue insérés dans les roues des véhicules électriques. Un autre exemple de synergie avec SNR est notre activité de réparation automobile et industriel. Nous avons appris de SNR quels kits de pièces sont commercialisables. Nous avons aussi appris que nous ne devions pas vendre seulement les roulements mais aussi les outils, la graisse pour les manipuler, et expliquer aux clients comment manipuler les roulements. Nous développons ces idées avec SNR en Europe, en Asie, au Japon et aux États-Unis, avec de bons résultats.

Êtes-vous optimiste pour le marché européen ?
On sent très clairement un glissement du marché automobile de l'ouest vers l'est. L'usine SNR de Sibiu, en Roumanie, nous aidera à augmenter notre production vers les pays de l'Est. Les capacités de production en France sont pleines.

Propos recueillis par Régis Arnaud. Traduction Paul Maeda

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