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TES-AMM : à l’intérieur de l’une des usines les plus sécurisées du Japon

Le Comité Information et Nouvelles Technologies de la CCI France Japon a proposé aux membres de la Chambre une visite exceptionnelle de l’usine TES à Hashimoto le 28 avril dernier. TES est un fournisseur ITAD (IT Asset Disposition) riche d’un réseau de 33 usines dans 21 pays. Ses équipements lui permettent de détruire de manière irrécupérable les données informatiques sur les diverses ressources technologiques des entreprises (ordinateurs, téléphones portables, tablettes, etc.), voire de les recycler.

Construite sur trois étages pour un total de 4300 mètres carrés, l’usine n’a que deux ans d’ancienneté. Les entrées et sorties de personnel sont contrôlées et enregistrées via l’utilisation de badges, les portables et appareils photos ne sont pas permis à l’intérieur et 34 caméras de sécurité surveillent les employés vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Au 1er étage, les diverses ressources technologiques à traiter ne rentrent que par une seule porte. Elles sont tout d’abord pesées, puis introduites dans le système et triées par catégorie. Les déchets dangereux (batteries et écrans CRT) sont séparés du reste et stockés dans une zone spéciale. Dans un coin, des employés démantèlent manuellement des cartes mères pièce par pièce.

Le 2e étage n’est accessible qu’à certains employés car c’est ici qu’est effectuée la suppression des données informatiques, réalisée par le logiciel « Blancco ». Des tests permettent de vérifier que les données ont été effacées dans leur totalité et ce de manière irréversible (un téraoctet prend une journée entière à être supprimé définitivement). Si ce n’est pas le cas, des machines spécialisées détruisent physiquement les disques durs. Ces machines spécialisées sont ce que la déchiqueteuse est au papier. Elles peuvent être transportées directement dans les bureaux des entreprises clientes.

Le 3e étage est réservé aux matériaux informatiques recyclés pour la vente ou la location.

Suite à la visite, Pierre Thomelin, représentant commercial chez TES, a animé une présentation interactive sur les fuites de données. Rien qu’au Japon, on recense plus de dix millions de cas de fuites par an (12,6 millions en 2016). En 2014, c’est 22 millions de comptes d’un des plus importants portails web japonais qui ont été exposés. Un autre cas notoire a été celui d’une grande société japonaise dans le secteur de l’éducation : un employé a copié les informations personnelles de millions de clients pour fins de vente. Le scandale, qui a éclaté en juillet 2014, a fait perdre 940 000 clients au groupe.

Désormais, la loi japonaise punit de manière stricte les entreprises qui ne protègent pas correctement leurs données informatiques. Pierre Thomelin conseille aux entreprises de ne pas négliger leur processus d’ITAD en dépit des coûts, les conséquences du contraire étant potentiellement bien plus graves.

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