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Itinéraires singuliers - De Paris à Fukui : l’odyssée de Virginie, créatrice qui fait rimer art et mode au Japon

Itinéraires singuliers - De Paris à Fukui : l’odyssée de Virginie, créatrice qui fait rimer art et mode au Japon

Une artiste française choisit la province plutôt que les capitales et bâtit, à force de ténacité, une marque qui se vend en direct aux Japonais les plus exigeants. Itinéraires Singuliers consacre cet épisode à Virginie Lefèvre - fondatrice de la marque Viruxiny - et à ce que son parcours dit de l’entrepreneuriat créatif au Japon.

Née pour dessiner et peindre, formée aux beaux-arts puis à la mode, Virginie arrive au Japon il y a 25 ans pour enseigner à Esmod. Une année devait suffire. Finalement, un choc esthétique et humain l’ancre sur l’archipel. Mariage, naissance, et un détour inattendu par Fukui - préfecture discrète, mais géant industriel de la maille et des techno-sozaï. Là où d’autres auraient vu une impasse, elle y a vu une opportunité. Elle ouvre une petite boutique, rencontre des ateliers qui servent les plus grandes maisons, apprend la langue, la vente et même la couture. À partir de zéro.

Sa vision de la mode est simple et radicale à la fois : porter de l’art. Chaque pièce Viruxiny porte un récit positif - amour, protection de la mer et de la terre, brassage des cultures - avec parfois un clin d’œil très français comme une tour Eiffel stylisée. Face à la fast fashion et à l’ultra fast fashion, elle oppose l’honnêteté créative, la proximité client et le temps long. Peu d’Internet, beaucoup de terrain. Elle privilégie les pop-up stores, écoute les retours, affine l’offre en deux axes complémentaires : des pièces accessibles qui créent l’attachement et des créations plus complexes pour les amoureux de mode.

Derrière les sourires et la politesse, au Japon, le business reste du business. Être femme et étrangère n’épargne ni les doutes ni les portes fermées. Alors Virginie se met en première ligne. Elle vend elle-même, assume sa direction artistique, arbitre le chiffre, parle japonais, pose des limites. On la veut derrière la caisse - elle prend la caisse. On lui explique que « devant des clients japonais, mieux vaudrait un staff japonais » - elle prouve par les résultats. Anecdote clé : un groupement d’artisans lui confie une mini-collection, jugée trop risquée avec une designer non née à Fukui. Elle la reprend et l’écoule en pop-up. Plus récemment à Ginza, elle signe les meilleurs chiffres vêtements face à des enseignes nationales bien installées. Respect acquis sur le terrain.

Pourquoi Fukui plutôt que Tokyo ou Paris ? Parce qu’y grandir impose d’apprendre tout - de la machine à coudre au devis, du sourcing local aux codes des grands magasins. Cette école du réel créé un réseau solide : clients fidèles, directeurs de department stores, agents (au pluriel pour rester libre), entrepreneurs alliés. Et une conviction utile à tous ceux qui rêvent de s’implanter : au Japon, les règles de politesse se respectent, mais un brin d’audace bienveillante ouvre des portes. Appeler, relancer, envoyer un dossier physique quand il le faut, montrer qu’on est prêt à travailler dur - et tenir ses promesses.

Côté pratique, l’épisode démystifie l’administratif. On peut commencer léger en entreprise individuelle, tester en marchés de créateurs, gérer sa compta tant que les volumes restent modestes, puis s’entourer d’un comptable quand la machine s’emballe. Le japonais aide, bien sûr, mais l’effort et la fiabilité créent l’admiration. Le client japonais est exigeant sur la qualité et les finitions - « il traque le petit point qui frise » - et c’est une bonne nouvelle : l’exigence clarifie les standards, évite les faux-semblants et pousse à mieux produire.

Point culminant récent : Nishiginza. Dans un environnement saturé de grosses machines retail, une marque confidentielle signe le meilleur chiffre d’affaires vêtements. Validation nette d’un modèle fondé sur l’authenticité, la vente directe et la constance. Et la suite se dessine déjà : passage en Kabushiki Kaisha à l’étude, développement national par les pop-up, montée en gamme vers une ligne plus couture, puis ouverture à l’international. Toujours avec le credo qui la guide depuis le premier jour : en avant, devant.

Cet épisode n’est pas seulement l’histoire d’une marque. C’est la feuille de route d’une créatrice qui prouve qu’on peut rester artiste et devenir chef d’entreprise au Japon, sans renier sa voix. Si vous aimez les récits où l’art rencontre le marché, où l’on apprend à vendre sans se vendre, et où un pari provincial devient une stratégie gagnante, lancez l'épisode ! Découvrez comment Virginie a bâti Viruxiny client après client - et ce que cela révèle des chemins d’accès au marché japonais pour les créateurs d’aujourd’hui.

https://www.instagram.com/viruxiny/

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Ce podcast est réalisé en collaboration avec Anna

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De Paris à Fukui : l’odyssée de Virginie, créatrice qui fait rimer art et mode au Japon

🎧 Écoutez l’épisode complet et découvrez les coulisses de son parcours hors de Tokyo